N'EN DÉPLAISE À MME BADINTER
Les enfants ont été ma meilleure chance.
Depuis que je les ai mis au monde, jamais je n'ai autant gagné en liberté et appris, à regarder la vie avec les yeux du coeur. Et ça, ni le monde du travail, ni les études, ni les adultes ne me l'ont aussi bien enseigné (ce n'est pas au programme, et ce n'est, au sens habituel de ces termes, ni rentable, ni productif).
J'ai dû ouvrir les yeux et regarder des choses déplaisantes mais maintenant que je les vois, je rigole en lisant ceux qui s'agitent pour nous persuader de continuer à faire perdurer le système.
Il est possible que je me retrouve seule avec les enfants. Et alors ?
Ce sera une énième invitation à apprendre toujours meilleure que tout le rose qu'on nous propose et que, maintenant, on nous impose.
Je n'apprécie pas la menace, la punition, la coercition, le jugement, ni qu'on m'invite d'une manière sournoise ou explicite à penser à l'endroit. Ca me rend idiote, malade, souffrante, impuissante et sans imagination.
Ces gens semblent n'avoir pas compris que le coeur était au centre de tout, que la vie se créait et s'inventait à chaque instant, que les inventions sont au service des gens et pas le contraire. Les créations sont des outils vivants amenés à évoluer, à disparaître. Chaque fois qu'il naît un nouveau système, ce sont de nouvelles prisons qui fleurissent et les prisons sont faites pour être remplies. Je ne souhaite pas faire partie de la cohorte patiente qui s'y achemine, résignée, aveuglée, enfermée en elle-même.
Mes enfants sont l'antidote des chemins d'habitude. Ils m'apprennent en douceur la nécessité d'être en mouvement perpétuel. Un mouvement coloré, joyeux, gratuit, empreint de beauté, de grâce, d'émerveillement, de renouvellement.
Alors, Mme Badinter peut écrire ce qu'elle veut, penser ce qu'elle veut, ça lui appartient comme il nous appartient de considérer son propos comme n'engageant que ceux qui y adhèrent.
Il ne me vient ni irritation, ni jugement, ni colère, ni révolte.
Je me rappelle simplement que ce qu'on appelle le monde est constitué d'une infinité de mondes.
Ainsi va le sien, ainsi va le mien.
Dans mon monde à moi, ce qu'elle écrit n'a aucun sens et ça s'arrête là.
Un proche m'a dit, récemment, réveille-toi !
Ca signifiait qu'il fallait, selon lui, que j'atterrisse, que je quitte ma planète, que créer sa vie, c'était bien gentil mais qu'il me fallait revenir sur terre.
Or, je ne l'ai jamais quittée.
Tout est dans le regard que l'on pose sur ce(ux) qui nous entoure(nt) comme sur nous-même.
Les mots de Mme Badinter créent une chose, les miens en créent une autre.
Merci de m'avoir lue.
Ce billet fait référence à l'article publié dans l'Express le 11/02/2010 intitulé :
Ecouter Elisabeth Badinter (et rester calme) sur France Inter
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